samedi 27 février 2010

Ma dernière nuit à Madre de Dios.

Vendredi 26 février 3h25 am.
Je vous écris de la salle des visiteurs de l’Albergue Madre de Dios. Je m’y suis enfermée avec deux adolescentes qui ont tentées de s’enfuir vers deux heures du matin.

Je dormais tranquillement quand le vacarme de pas précipités sur les toits de tôle et les cris de la surveillante Ana m’ont réveillée. Je suis sortie comme s’il y avait le feu. On me dit que trois adolescentes sont en cavale.

L’esprit encore embrumé par le sommeil, je me retrouve sur le toit du voisin. Deux gros bergers allemands jappent en bas, dont un que j’ai déjà rencontré personnellement… Je longe le mur en prenant soin de poser les pieds sur les têtes de vis qui tiennent le toit en place. Arrivé au bout, un autre toit de ‘Duralit’ ondulé plus haut d’environs quatre pieds. J’entends un homme crier plus loin devant moi. Je me hisse sur le toit et me dirige vers le bruit. Cette portion du toit tombe sur la cour intérieure du troisième voisin. J’aperçois dans la pénombre une jeune fille accroupie sur le rebord, pour continuer il lui faut se coller au mur à droite, descendre de trois pieds et marcher sur une bande de ciment étroite pour rejoindre le toit de l’autre côté de la cour. Elle semble avoir peur, je l’entends sangloter. Il y en a une qui a traversée mais elle est coincée par le voisin qui lui barre le passage.

J’interpelle la première pour l’avertir de ma présence. Je lui demande de s’asseoir et de m’attendre. Je la rejoins et je m’assois à mon tour au côté de la jeune fille de 13 ans, son beau visage brun brillants de larmes, ses longs cheveux défaits et emmêlés. Je passe mon bras sur ses épaules. Elle s’excuse, elle veut voir sa maman. Je ne connais pas son histoire, je ne sais quoi lui dire. ‘’Tout va bien aller?’’ Je ne peux m’y résoudre. Je lui promets ce que je peux. ‘’Personne ne va te battre ou crier après toi ce soir. Viens rentre avec moi.’’ Après une dizaine de minutes qui me paraissent bien longue, elle se lève doucement et entreprend le chemin du retour.
Je me concentre maintenant sur la deuxième, pas de trace de la troisième. La deuxième est plus animée, elle est en colère, elle crie de dépit à l’homme qui devant elle. Je l’appelle, lui demande de revenir. Elle ne me répond pas. L’homme perd patience, il avance prudemment. La pente est haute et la base est chambranlante. Il s’approche de la fille et lui ordonne de retourner à la maison. Elle n’entend pas s’y conformer. Elle tente de le contourner et s’échapper. L’homme l’attrape par le bras et l’entraîne vers le bas. Elle résiste et j’ai peur de les voir tout les deux roulés et tombés dans la cour. Il la traîne à la bordure de ciment en face de moi et la force à descendre sur l’étroit muret. Elle menace de se tuer, de se jeter en bas. Je lui dis que si elle saute elle réussira probablement à se casser une jambe mais surement pas à se tuer. Elle a du comprendre malgré mon espagnol tout croche car elle commence à traverser tranquillement. Arrivée de mon côté elle n’arrive pas à monter jusqu’à moi et je n’ose pas trop en faire pour me retrouver en bas tête première.
Entre-temps la surveillante est arrivée dans la cour. Un autre voisin apporte une petite échelle et finalement l’adolescente rejoint le plancher des vaches.

Je reviens donc sur mes pas et arrive à la première fille qui m’attend entre deux toits. Ensemble nous revenons à la maison.
Je traverse la cour, toutes les filles sont debout comme des petites poules effrayées par le renard. J’entends quelques bébés qui se réveillent aussi. Hé merde ! Ça va être long remettre toute la marmaille au lit. Je ressors dans la rue par la porte de devant pour aider la surveillante qui tente de ramener la fille qui se débat et tente de s’enfuir à nouveau. Elle a du chien celle-là.
On les assoit sur un banc dans le corridor d’entrée. Les grandes surveillent le corridor et on remet les autres au lit. Je remonte à ma chambre me prendre une cigarette et mettre une veste par dessus mon pijama. La surveillante monte aussi, désemparée. Je suggère donc de m’enfermer avec les petites fugueuses dans la salle des visiteurs pour que le reste du monde puisse dormir.
Elles ne sont pas très loquaces au début. J’ouvre la réserve, on se prend un morceau de pain et on mange en silence. En fouillant dans mon sac pour trouver papier et crayon je trouve mes suçons et leur en donne chacun un. La nuit va être longue. J’ouvre la fenêtre pour m’en fumer une autre. Deux jeunes cleferos (enfants qui vivent dans la rue et qui renifle de la colle) se pointent et commencent à parler fort.Je leur fait ‘shuttt’ et leur donne une cigarette, je leur allume et leur dit d’aller se trouver un coin pour dormir. Étrangement, ça marche. Pauvres ti-pits.

5h30
On sonne à la porte. Le voisin ramène la troisième ado. Le temps passe tranquillement. Les filles se mettent à parler. Joana a 14 ans, celle qui pleurait, elle me raconte qu’elle s’est sauvée de chez elle parce que ça n’allait pas bien à l’école. Elle avait dit que sa mère l’avait fait sortir d’un taxi un soir pour aller acheter un coca-cola et l’avait abandonnée en s’enfuyant avec le taxi. Elle disait ne pas connaître son adresse, ni son téléphone. Maintenant elle me donne le numéro de sa mère, de sa tante et tout et tout.
Feliza, 16 ans, a perdu sa colère. Elle disait être seule au monde. Puis maintenant, elle veut aller vivre chez sa tante et me donne aussi son numéro. Elle essai de blâmer les deux autres pour sa fuite. La troisième, Marcia, 13 ans, disait venir du Paraguay et s’être perdue… Elle vivait tout prêt au pénitencier avec sa mère et ses deux jeunes frères. Ici les familles peuvent demeurer en prison avec leur conjoint… Maintenant, elle veut y retourner. Elles sont toutes les trois arrivées dans les derniers jours, amenées par la ‘Defensoria’.

Je leur demande pourquoi elles n’ont pas dit tout ça à leur arrivée à Madre. Elles repartent dans leurs histoires abracadabrantes d’ados. Coudonc sont toutes pareils à cet âge-là !!!!

J’étais contente de voir arriver les Sœurs et le personnel à 8h30. Moi je vais prendre une douche, je commence ma dernière journée de classe à 9h.

lundi 22 février 2010

Nouvelles de Madre

Cochabamba 21 février 2010

Grosse semaine à Madre, des entrées, des sorties d’enfants, une visite à la mère mourante deux de mes ados, semaine de changements. Une nouvelle religieuse d’origine bolivienne pour aider Notre Sainte Sœur Méry qui déborde.
Quelle femme, agée de 85 ans, elle vient chaque jour de 8h à 18hres. Elle veille sur tout, elle entend tout. Elle est comme la présence de Dieu. Elle porte le poids de la Maison, de l’administration, des lourds passés des filles. Malgré tout, elle a toujours la force du réconfort, du secours, de la compréhension, de l’Amour. J’adore trouver quelque chose de drôle à lui raconter pour entendre son rire jeune et franc.
Mais je peux bien conduire le mini-bus et m’acquitter de toutes les tâches qu’elle me confie, jamais ce ne sera assez. Je me suis tellement attachée à Madre, les filles, le personnel. Je viens d’y passer 3 mois et demi pratiquement 24/24hres. Je dois prendre du recul. Je prends ça tellement à cœur. Voyez-vous, je suis une ‘troubleshooteuse’, une arrangeuse, une répareuse de pots cassés…puis là je suis juste une invitée.

Alors je me suis loué un petit apart à Cochabamba pour le reste de mon séjour. Pas trop loin, juste au bout de la rue Junin ou se trouve Madre, cinq minutes à pied, plus central et un peu plus loin de la zone délinquante. Je vais commencer à transférer mon stock tranquillement durant la semaine, en catimini pour pas faire ‘capoter’ les filles tout de suite. Quand à la Sœur Méry, je pense qu’elle comprend mais je sens sa déception. Que voulez-vous. Je continuerai à faire des activités ponctuelles à Madre et à dépanner si nécessaire. J’ai pas eu de nouvelles de l’IER à qui j’ai offert quelques heures en info. Je vais consacrer mon temps au perfectionnement de mon espagnol et à l’étude de cette société bolivienne, attachante, intrigante et frustrante à la fois.

Vendredi, Fatima est partie. Fatima ma collègue volontaire. Ma petite bolivienne de 25 ans si forte et si fragile à la fois. Jeudi soir on s’est fait de la pizza maison et on a jaser durant des heures. Elle est maintenant repartie chez son père dans son petit ‘pueblo’ des Yungas au nord de La Paz. Je vais essayer d’aller la visiter avant de revenir au pays.
Marja, la volontaire de Suède, se marie à Cochabamba à la mi-mars. Son bolivien-suédois est venu la rejoindre ici et elle resplendit. Je vais pouvoir étrenner une robe achetée à Arica.

Cette fin de semaine, j’ai fuit Cochabamba et je suis venue me réfugier à Kaluyo à la campagne. J’ai fuit le Carnaval qui n’en finit plus. C’était ‘El corso des Corsos’; tout les danseurs et danseuses de Oruro la semaine dernière sont venus défiler à Cochabamba, deux autres jours de folies.
À la télé, j’ai regardé un peu, même Evo y était entouré de ‘bodygards’ habillé en civil et de Polices Militaires. C’est sûrement le seul qui ne se fera pas asperger d’eau par les énormes fusils à l’eau et les ballounes importés de Chine…

Je vous écris de mon balcon, tôt ce dimanche. Le cri des oiseaux est assourdissant, le soleil se lève doucement, il y a des éclairs de chaleur qui fusent des nuages qui caressent la cimes des montagnes tout autour. En bas, le lago Angostura brun et étroit dort comme toujours. J’avais tellement besoin de cette verdure, de cette tranquillité relative.

Demain j’entame la dernière étape de mon périple. Je suis heureuse et reconnaissante.
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Pis voyons donc, CENSURON ♪, CENSURETTE…♫…

Pourquoi je me censure ? Quand j’écris, quand je parle, quand je vis. Je me censure comme un grand cercle rouge avec une barre oblique; interdit ! Je censure mes joies, mes peines, mes exclamations de douleurs ou de plaisirs. Finis la censure ! Je m’installe un gardien anti-censure. Interdit d’interdire ! Bon voilà, une autre interdiction, on en sort plus. Me faut-il vraiment m’entourer de barbelés menaçants pour savoir comment vivre, comment respirer ? Pourquoi ? Ça me sécurise, ça balise mon existence ? ‘You are Here !’ comme sur les plans de centres commerciaux.
Parfois je voudrais qu’on me dise où aller, mais dès qu’une courageuse ou inconsciente personne s’y aventure, je rue dans les brancards comme un poulain effrayé.

Ok. Interdit d’interdire d’interdire. On laisse tout ouvert, pas de vigile, pas de barrières. Je m’élance dans l’absolu grandeur de l’inconnu. La tête haute, les yeux brillants, je respire à pleins poumons ma cigarette entre les lèvres et je sourie dans ma tête. J’aime bien me voir en ce portrait, pas demain, tout de suite.

La Kato flotte avec les deux pieds sur terre, une terre nouvelle pour elle. Elle mange des émotions, sentiments, des expériences et elle digère bien.

Venez chez-moi, c’est facile, je suis ici. Je m’habite, je me possède, je me reconnais enfin.

samedi 13 février 2010

REVUE DE PRESSE...

Cochabamba le Samedi le 13 février 2010


Editorial du 4 février 2010, hebdomadaire Los Tiempos de Cochabamba.(résumé ad lib)

El retroceso de la libertad – Le recul de la liberté

On commente ici la publication annuelle de l’organisation Freedom House qui a pour objectif la promotion de la démocratie dans le monde. L’état de la démocratie et de la liberté sur notre planète est alarmant.

Freedom House a divisé les nations en trois catégories : les pays libres, libres en partie et non libres en se basant sur une série d’indicateurs relevant du respect des droits humains, civils et politiques ainsi que sur la dignité de la personne.

En 2009, 40 pays sur les 194 évalués ont subis une diminution du respect des droits civils. Ce qui reste 89 pays qualifiés de libres, 58 pays libres en partie et 47 pays non libres. Ce qui signifie que plus de la moitié des habitants de la Terre vivent sous différentes restrictions de leurs libertés civiles. Plus de la moitié de ses personnes habitent en Chine, un régime reconnu comme l’un des plus répressifs.

Le recul des droits humains apparait un peu partout. En Italie, par exemple, le gouvernement de Berlusconi a imposé de nouvelles lois et tribunaux pour augmenté la surveillance et le contrôle de la presse et des médias, ce qui fait passer ce pays dans la catégorie de ‘libre en partie’

Dans le contexte latino-américain, le Brésil, le Chili et l’Uruguay et récemment le Venezuela suivent une tangente négative se rapprochant de Cuba. Le Honduras et le Nicaragua figurent parmi ceux où l’on a perdu le plus de libertés individuelles.

Le risque de la perte de liberté et du respect des droits de la personne ne sont pas une réalité qui devrait préoccuper seulement les boliviens. Raison de plus pour redoubler d’effort dans la défense d’une cause qui se présente à l’échelle mondiale.



Derechos de la Madre Tierra – Les droits de la Terre-Mère, Ruben Camacho Guzman (résumé ad lib)

Le président du nouvel État Plurinational de Bolivie, Evo Morales, tiendra une conférence sur les changements climatiques et les droits de Madre Tierra en avril prochain à Cochabamba. Il soutient que la défense des droits de Madre Tierra est par définition la défense des droits humains. On se demande si le président poursuit réellement une alternative à la crise environnementale ou s’il s’amuse seulement à jouer le jeu de la préoccupation mondiale pour l’environnement avec le rêve sou jacent de devenir le prochain prix Nobel.

Madre Tierra, Pachamama, Terre Mère, Mother Earth, Mutter Erde, comme on la nomment dans de nombreuses autres langues, pèse du poids de son existence millénaire au cœur des cultures Andines. Les années 90 ont mis à la mode les régions pré incas et mayas. Le courant fut si fort que plusieurs ‘experts’ de la coopération internationale et ‘charlatans nationaux’ les voyaient dans leur soupe et dans leur plus grands moments d’intimité. Ils se considéraient comme les ‘messies’ envoyés pour prêcher leurs théories irrationnelles propres à chacun. Ils se sont vêtus des couleurs des communautés autochtones et ont célébrés la ‘bonne parole’ à coup de danses rituelles fantasques accompagné bien sûr par beaucoup d’alcool, de coca et d’herbes locales. Le mysticisme, la spéculation et la distorsion du mot Pachamama a dépassé toute limite imaginable.

Ils ont perdu de vus que les Andes sont un milieu de vie pour ses communautés et que aujourd’hui ses communautés vivent de la culture du coca. Evo Morales sait que 90% de la production de feuilles de coca est destinée au commerce mondial de la cocaïne. Une activité illicite et capitaliste mais combien lucrative. Le prix à payer par la Madre Tierra est par contre très élevé et se traduit par la destruction de grandes régions boisées remplacées par les plantations de coca destinées aux narcotrafiquants. Par la perte de la biodiversité, de la fertilité des sols et de la contamination des rivières par les produits chimiques utilisés pour la fabrication de la pâte de cocaïne. Comment Evo Morales peut prétendre défendre la Madre Tierra ?

Pourquoi ne pas plutôt parler de d’amélioration des techniques de cultures conventionnelles des produits maraîchers pour en augmenter la production et en obtenir le prix juste pour aider les habitants à sortir de la pauvreté. Pour eux, une conférence internationale sur les changements climatiques et les droits de la Madre Tierra ne sont vraiment pas une priorité.

De leurs côté les centres urbains asphyxiés par les tentacules de l’économie de survie qui a convertis les rues en marché de fortune où règne le chaos, l’incertitude et l’insécurité. Les citadins sont exposés à des risques quotidiens d’accident de la route, d’inhalation de dioxyde de carbone, par des montagnes de déchets et ses odeurs pestilentielles, à boire de l’eau impropre. Eux aussi aspirent à l’amélioration de leurs conditions de vie. La tâche est énorme.

Est-il nécessaire d’investir des milliers de dollars dans la tenue d’une conférence internationale ? Le gouvernement ne devrait-il pas se concentrer à trouver des méthodes pour combattre la pauvreté, le chômage, la délinquance et la misère ? Trouver des solutions à la gestion des déchets de la ville sans les transférer à d’autres secteurs.

M. Morales devrait entendre que le capitalisme n’est pas la source de tous ses problèmes. La Bolivie est l’un des pays les plus riches en ressources naturelles du monde mais économiquement un des plus pauvres de l’Amérique du Sud. Pour sortir de cette situation, il devra entrer dans l’engrenage de l’économie mondiale, offrir plus de stabilité pour attirer le commerce et la technologie de l’extérieur. Il est nécessaire de créer une industrie capable de rivaliser sur les marchés internationaux avec des produits finis élaborées à partir de technologies propres et sans incidences graves sur l’environnement. Ainsi, nous serions un exemple digne d’être imiter et une lueur d’espoir pour les autres.

****L’auteur du texte original écrit en espagnol est ingénieur en environnement, enseignant-spécialiste en éducation environnementale et en gestion de conflit.

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Voici pour la revue de presse.  J'émettrai mon propre point de vue á mon retour au pays, d'ici on ne sait jamais...

PS :  J'AI REMIS LES COMMENTAIRES ACCESSIBLES À TOUS. SVP VOUS IDENTIFIER. MERCI !

lundi 8 février 2010

Où suis-je ?

Maintenant trois mois que je vis en Bolivie. Si ma meilleure compréhension de la langue me permet de mieux communiquer avec les gens, mon incompréhension des us et coutumes de la société bolivienne ne fait que s’amplifier. Mais voilà, c’est que je vois tout ça avec mes yeux et mon esprit de nord-américaine ignorante. Je ne peux m’empêcher de critiquer en mon fors intérieur (je suis bonne pour ça critiquer). Mais réellement, il me faut essayer de comprendre.


L’Amérique latine et ses habitants ont été pillés, dévastés, ruinés, abusés depuis la venue de Christophe Colomb en ses terres en 1492. Les livres d’histoires nous parlent de la découverte de l’Amérique ! Alors qu’on sait très bien qu’elle existait bien avant les invasions européennes. Depuis cinq siècles, les Espagnols, les Français, les Portugais, les Hollandais puis les Américains (entre autres) ont exploités les ressources de l’Amérique latine et des Caraïbes sans aucuns scrupules, sans aucunes considérations pour les peuples autochtones qu’ils ont brisés, tués, esclavagés, affamés au nom des profits et du pouvoir apporté par le commerce de l’or, de l’argent, de la canne à sucre , du café, du chocolat, du tabac, du coca et du pétrole. Les forêts et les terres fertiles ont disparus rapidement, laissant la place à de gigantesques monocultures entretenus par les esclaves autochtones et les africains amenés par les tristement célèbres navires négriers.

Les Espagnols ont tirés tellement d’or et d’argent des sols boliviens, péruviens, mexicains,… qu’on aurait pu construire une autoroute de métal précieux par-dessus l’océan jusqu’à Madrid.

En fait, ce que je veux dire c’est que des siècles de sujétion de la population ont nécessairement laissés de profondes stigmates jusque dans les gènes des individus; comme la culture de la pauvreté (intellectuelle et physique), l’économie de subsistance, la léthargie sociale et j’en passe.

Est-ce que ça explique tout, sûrement pas, et je ne suis ni anthropologue ni historienne. Je n’ai même pas de diplôme universitaire. Finalement je mélange tout, l’histoire, l’économie, la politique sur cinq siècles. Je ne suis pas suffisament documentée pour bien expliquer et surtout pas sur une page de blog. Mais je vais développer le sujet plus tard. En attendant, il y a des gens beaucoup plus savants et intelligents que moi qui ont écrits des milliers de livres sur le sujet si ça vous intéresse, vous pouvez commencer par celui de Galeano; ‘Las venas abiertas de America Latina.

Mais ce que je vois dans la vie de tout les jours et qui me fatiguent c’est la façon dont on élève et traite les enfants, les attitudes cavalières et inciviles dans les endroits publiques, la corruption générale, le manque de respect envers les femmes et l’environnement, l’insalubrité, le bruit des pétards à toute heure du jour ou de la nuit, les ‘ballounes’ d’eau que tu reçois dans face because c’est la saison du carnaval.

C’est le gouvernement qui organise une belle grosse conférence internationale sur l’environnement pour bien paraître dans le monde mais qui se fout de savoir que la majorité de ses électeurs n’ont pas accès à de l’eau potable exempte de matière fécale. C’est les histoires d’horreur de mes filles maltraitées, rejetées par leurs parents trop immatures, trop irresponsables.

Bon, mon dix minutes de ‘chialage’ est fait. Je vais me rappeler les paroles de la Sœur Maria Teresa : ‘’Au moins ici à Madre de Dios, elles auront été aimé au moins une fois dans leur vie…’’