dimanche 28 mars 2010

Réflexion sur le bénévolat, volontariat, aide humanitaire…

Je me suis questionnée sur mes motivations personnelles quand à mon engagement volontaire. Je l’ai comparé à l’engagement, aux opinions des autres.

Lorsque j’ai commencé mes recherches sur Internet pour trouver un organisme qui pourrait me recevoir, j’ai été surprise de la quantité de liens trouvés. Je me suis rendu compte aussi de l’existence du tourisme-volontaire.

Plusieurs organismes ‘vendent’ leurs projets, les gens doivent débourser souvent une bonne somme d’argent en échange par exemple d’un cours d’espagnol, d’un lieu pour dormir et manger ainsi que la chance de participer bénévolement aux activités de l’organisme en place. (orphelinat, centre communautaire, etc…) Est-ce bien ou mal? Qu’y a-t- il à en juger ? J’imagine que les deux parties y trouvent leurs comptes. Mais je ne peux m’empêcher de croire que c’est une bonne façon pour les Nords-Américains et les Européens de prendre des vacances tout en se donnant bonne conscience. Les gens des pays dit riches sont rongés de culpabilités jusqu’à devoir se justifier de s’accorder quelques semaines de vacances après avoir courus la routine toute l’année. Mais peut-être aussi, est-ce une façon d’avoir l’impression de vraiment vivre quelques semaines par années en se confrontant à une autre misère. Une espèce d’apostolat social.

Je connais quantité de femmes qui de toute façon font volontairement ou non du bénévolat. Elles prennent soin de parents âgés, de nièces, neveux, petits-enfants, amis débarqués par des frères, sœurs, enfants ou voisins débordés qui veulent s’accorder quelques jours de répit. Elles ramassent l’épicerie d’un voisin éclopé ou vont faire la cuisine chez le beau-frère dont la femme est hospitalisée. Des exemples comme ça j’en ai plein. Ça ne se rémunère pas. Et quoi qu’en dise une certaine gauche idéologique, le bénévolat n’est pas nécessairement une action qui empêcherait une révolution sociale. Parce que justement ça ne se fait pas pour l’argent.

Quand je vois des organismes et des individus s’en mettre plein les poches à travers des fondations sans but lucratif, ça me débine. Plus s’est organisé et plus on se fait organisé (frais d’administrations, frais de déplacements, frais de représentations, enfin toute la colonne des dépenses à l’état des résultats). Il ne reste que des miettes pour la clientèle supposément visée, déductible d’impôts s.v.p. Dans tout ce marché du bénévolat-économique, la crédibilité de l’aide humanitaire en prend pour son rhume.

De toute façon existe-il réellement un volontariat altruiste ? Oui peut-être. De toute façon, même si une personne se dirige vers le bénévolat pour des motifs de l’ordre du genre ajouter une expérience à son jeune C.V., voyager à moindre coûts, fuir des obligations sociales ou familiales, il reste que le travail accompli, les heures travaillées sont concrètes. Les motivations personnelles importent peu finalement ce sont les résultats qui comptent.

La famille n’étant plus ce qu’elle était dans notre société, on doit tous ou presque compter à un moment donné sur des ressources bénévoles, surtout si notre compte de banque n’est pas dans la section ‘privilège’. Le gouvernement a beau faire la promotion des entreprises-sociales, même s’il y mettait vraiment les budgets nécessaires, ce ne serait pas suffisant. L’entraide, le bénévolat, l’aide humanitaire appelé ça comme vous voulez et faites le pour les raisons que vous voulez ça restera nécessaire. Ça fait parti de la nature humaine d’avoir besoin d’aide.

Les pays de l’hémisphère sud souffrent particulièrement. Les manques sont incalculables et l’aide des autres pays est rarement politiquement gratuite. On ne parle plus de bénévolat. J’ai encore la naïveté de croire pourtant qu’il serait possible d’unir nos forces pour que les peuples du sud aient accès à l’éducation, à l’eau, à la nourriture et à l’attention nécessaire pour qu’un jour ils puissent s’autonomiser. Rêve, utopie, folie peut-être, mais je souhaite que non.

Aujourd’hui, j’ai passé une partie de la journée à Madre de Dios. Durant les week-ends, il y a peu de volontaires, normal ils ont travaillés toute la semaine. Mais les enfants sont là quand même et pour des raisons pécuniaires, il y avait une travailleuse pour la soixantaine d’enfants aujourd’hui.

Les enfants étaient particulièrement sales. Les plus grandes n’avaient pas tellement envie de faire leurs tâches et comme tout le monde le sait, il est difficile de faire bouger des ados qui aimeraient mieux aller s’étendre et écouter de la musique… S’il y avait plus de volontaires, on pourrait diviser le temps pour avoir des heures travaillées la fin de semaine. Mais la réalité est autre.

Alors je conclue que même si toutes les raisons de ma présence ici sont loin d’être altruistes, je suis heureuse d’avoir passé du temps avec les enfants aujourd’hui.

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