dimanche 28 mars 2010

Réflexion sur le bénévolat, volontariat, aide humanitaire…

Je me suis questionnée sur mes motivations personnelles quand à mon engagement volontaire. Je l’ai comparé à l’engagement, aux opinions des autres.

Lorsque j’ai commencé mes recherches sur Internet pour trouver un organisme qui pourrait me recevoir, j’ai été surprise de la quantité de liens trouvés. Je me suis rendu compte aussi de l’existence du tourisme-volontaire.

Plusieurs organismes ‘vendent’ leurs projets, les gens doivent débourser souvent une bonne somme d’argent en échange par exemple d’un cours d’espagnol, d’un lieu pour dormir et manger ainsi que la chance de participer bénévolement aux activités de l’organisme en place. (orphelinat, centre communautaire, etc…) Est-ce bien ou mal? Qu’y a-t- il à en juger ? J’imagine que les deux parties y trouvent leurs comptes. Mais je ne peux m’empêcher de croire que c’est une bonne façon pour les Nords-Américains et les Européens de prendre des vacances tout en se donnant bonne conscience. Les gens des pays dit riches sont rongés de culpabilités jusqu’à devoir se justifier de s’accorder quelques semaines de vacances après avoir courus la routine toute l’année. Mais peut-être aussi, est-ce une façon d’avoir l’impression de vraiment vivre quelques semaines par années en se confrontant à une autre misère. Une espèce d’apostolat social.

Je connais quantité de femmes qui de toute façon font volontairement ou non du bénévolat. Elles prennent soin de parents âgés, de nièces, neveux, petits-enfants, amis débarqués par des frères, sœurs, enfants ou voisins débordés qui veulent s’accorder quelques jours de répit. Elles ramassent l’épicerie d’un voisin éclopé ou vont faire la cuisine chez le beau-frère dont la femme est hospitalisée. Des exemples comme ça j’en ai plein. Ça ne se rémunère pas. Et quoi qu’en dise une certaine gauche idéologique, le bénévolat n’est pas nécessairement une action qui empêcherait une révolution sociale. Parce que justement ça ne se fait pas pour l’argent.

Quand je vois des organismes et des individus s’en mettre plein les poches à travers des fondations sans but lucratif, ça me débine. Plus s’est organisé et plus on se fait organisé (frais d’administrations, frais de déplacements, frais de représentations, enfin toute la colonne des dépenses à l’état des résultats). Il ne reste que des miettes pour la clientèle supposément visée, déductible d’impôts s.v.p. Dans tout ce marché du bénévolat-économique, la crédibilité de l’aide humanitaire en prend pour son rhume.

De toute façon existe-il réellement un volontariat altruiste ? Oui peut-être. De toute façon, même si une personne se dirige vers le bénévolat pour des motifs de l’ordre du genre ajouter une expérience à son jeune C.V., voyager à moindre coûts, fuir des obligations sociales ou familiales, il reste que le travail accompli, les heures travaillées sont concrètes. Les motivations personnelles importent peu finalement ce sont les résultats qui comptent.

La famille n’étant plus ce qu’elle était dans notre société, on doit tous ou presque compter à un moment donné sur des ressources bénévoles, surtout si notre compte de banque n’est pas dans la section ‘privilège’. Le gouvernement a beau faire la promotion des entreprises-sociales, même s’il y mettait vraiment les budgets nécessaires, ce ne serait pas suffisant. L’entraide, le bénévolat, l’aide humanitaire appelé ça comme vous voulez et faites le pour les raisons que vous voulez ça restera nécessaire. Ça fait parti de la nature humaine d’avoir besoin d’aide.

Les pays de l’hémisphère sud souffrent particulièrement. Les manques sont incalculables et l’aide des autres pays est rarement politiquement gratuite. On ne parle plus de bénévolat. J’ai encore la naïveté de croire pourtant qu’il serait possible d’unir nos forces pour que les peuples du sud aient accès à l’éducation, à l’eau, à la nourriture et à l’attention nécessaire pour qu’un jour ils puissent s’autonomiser. Rêve, utopie, folie peut-être, mais je souhaite que non.

Aujourd’hui, j’ai passé une partie de la journée à Madre de Dios. Durant les week-ends, il y a peu de volontaires, normal ils ont travaillés toute la semaine. Mais les enfants sont là quand même et pour des raisons pécuniaires, il y avait une travailleuse pour la soixantaine d’enfants aujourd’hui.

Les enfants étaient particulièrement sales. Les plus grandes n’avaient pas tellement envie de faire leurs tâches et comme tout le monde le sait, il est difficile de faire bouger des ados qui aimeraient mieux aller s’étendre et écouter de la musique… S’il y avait plus de volontaires, on pourrait diviser le temps pour avoir des heures travaillées la fin de semaine. Mais la réalité est autre.

Alors je conclue que même si toutes les raisons de ma présence ici sont loin d’être altruistes, je suis heureuse d’avoir passé du temps avec les enfants aujourd’hui.

vendredi 26 mars 2010

La Paz - Tiwanaku - Coroïco

Cette nouvelle excursion a été très différente de la précédente. D’abord déjà, j’étais moins en forme au moment du départ. J’avais les hormones dans le tapis et des crampes dans le ventre. Je venais de sortir du ‘Bye Bye Party’ à l’intention de 2 volontaires des États-Unis et comme d’habitude j’ai de la difficulté à socialiser et je me sentais comme un fruit dans le spaghetti… c’est quoi le rapport ? Ben, en fait, c’est une amélioration avant je me sentais comme un légume parmi les fleurs… Enfin, je me sentais triste et sans énergie.

Je suis arrivée vers 6ham à La Paz et j’ai tout de suite pris la direction de l’autre terminal de bus vers Tiwanaku. Une demi-heure plus tard, j’étais en route vers la ville mythique.

Deux heures plus tard je marche sur le chemin menant à la Plaza Principale. Je pense que toutes les villes et villages de Bolivie ont une ‘plaza principale’ autour de laquelle tourne la vie quotidienne. Il n’est pas encore 9h et les rues sont désertes comme la campagne environnante. Une grande plaine vide entourée de montagnes gigantesques. Je marche vers le site des ruines en traversant des rues en construction (ou peut-être en déconstruction ?)

À la limite de la ville, on trouve quelques édifices du musée archéologique de Tiwanaku, des kiosques touristiques et un charmant café où je fais la rencontre de Gloria la proprio. Une dame volubile qui prend plaisirs à m’expliquer comment visiter les ruines. Je décide de prendre quand même un guide qui me décrira toutes pierres amoncelées qui sinon n’auraient pas grande signification. Je ne le regrette pas. Victor a été le gardien du site durant 20 ans avant d’être guide depuis plus de 5 ans. Il connaît ses roches. De plus, à cette heure, les touristes n’ont pas encore commencé à affluer, le site est tranquille, le soleil du matin commence à me réchauffer, la visite est agréable.

J’ai pris pleins de photos, je me suis assise sur une énorme pierre volcanique magnétique pour fumer une cigarette, c’était finalement très relaxant et instructifs. Les constructions sont datées mais je note que plusieurs secteurs ne font pas encore l’unanimité quand à l’attribution temporale de l’érection des temples et monolithes. On raconte une belle histoire mais ce ne sont que des hypothèses qui varient au rythme des découvertes de nouvelles ruines. Le site a été habité depuis l’époque pré-colombienne jusqu’à nos jours en passant par les civilisations Incas, Aymara et les Espagnols qui ont pratiquement tout dévastés et détruits pour récupérer l’or et les métaux précieux et les religieux qui ont pris ce qu’ils pouvaient pour ériger une église (voir photos). Je vous suggère de visiter le site de Wikipedia si vous voulez plus de données historiques.

Je suis heureuse de ma visite mais en même temps ça me rappelle comment les hommes sont bêtes et méchants; vols, sacrifices, mises à mort, soumissions, destructions… Même après des milliers d’années, il n’y a pas grand-chose qui changent…

Je décide de ne pas m’attarder dans le coin et je reprends un bus vers La Paz. Je me déniche un petit hôtel ‘Select Budget’ abordable et chaleureux (surtout la douche).

Dès le lendemain matin, je me rends dans le quartier de ‘Villa Fatima’ pour prendre un mini-van vers Coroico, ville antique nichée à plus de 5000 pieds dans les montagnes du Nor Yungas, région subtropicale.

Le plan étant d’appeler ma copine Fatima qui doit venir me chercher pour se rendre dans son village natal ‘Trinidad Pampa’. Dans le bus, je fais la conversation avec une dame allemande et son voisin bolivien. Arrivée à Coroico, j’appelle tout de suite Fatima, bon, son cellulaire est hors zone. J’essaie durant plus d’une demi-heure sans succès. Je décide de monter à la ‘Plaza Principale’ et de visiter un peu. Je veux à nouveau appeler ma copine mais la ville est privée d’électricité pour l’instant. Je rencontre à nouveau ma dame allemande et nous décidons d’aller manger ensemble dans un petit ‘almuerzo familial’ . Gerda-Marie est une enseignante à la retraite, femme vive, dynamique, intelligente et qui parle cinq langues (dont le français).

Comme le courant ne revient toujours pas, je décide de rester à Coroico pour la nuit, je pourrais prendre un taxi pour Trinidad Pampa, mais ne pouvant rejoindre Fatima, je crains de me retrouver seule dans un village reculé. Coroico est charmant et Gerda-Marie est une compagne agréable. Nous décidons de partager une chambre à l’hôtel Esméralda. Quel bon choix ! La vue est magnifique et l’ambiance agréable. Nous prenons le repas du soir en discutant sur la Bolivie et sur plusieurs autres sujets sur la terrasse du restaurant de l’hôtel. Ça fait changement d’être seule et j’apprécie le caractère de cette femme.

Le lendemain matin, toujours incapable de rejoindre ma copine Fatima. Alors Gerda et moi décidons de nous joindre à un groupe formé de deux couples anglais qui part en excursions dans la campagne environnante avec un guide local.

Le ciel est très nuageux et dès la première heure de randonnée, la pluie s’abat sur nous. Malgré nos impers, nous sommes vite trempés, le sentier devient un petit ruisseau et on ne voit que des nuages du côté du précipice que nous longeons. L’eau me coule dans les yeux et je dois retirer mes lunettes car je n’y vois plus rien de toute façon. Nous avons marché deux bonnes heures ainsi, apercevant au passage des champs de coca, des orchidées sauvages et autres plantes médicinales indiquées par notre guide. J’entends des cris d’oiseaux étranges et ça me fait penser aux émissions de Tarzan quand j’étais enfant. Les quatre chiens de l’hôtel nous ont suivi, on à l’air drôle tous à la queue leu leu sous la pluie.

Nous arrivons à un petit village et le guide appelle un copain taxi. On a vu quelques cascades à partir de la voiture, plus envie de se promener sous la pluie. Mais comme le ciel se dégage un peu, on descend au fond de la gorge pour voir un torrent.

Je prends quelques photos et je m’assoie sur les gros rochers pour regarder l’eau défiler avec rage suite à l’averse du matin. Le reste du groupe vont marcher un peu aux alentours mais malheureusement, suite à une petite chute et toute la marche du matin, mon genou refuse de collaborer, il a l’air bousillé d’aplomb.

Le soleil est enfin revenu et nous aussi à Coroico. Après un petit burger-cheap, Gerda et moi prenons le chemin du terminal de bus pour retourner à La Paz. C’est là qu’une préposée m’a remis un petit message sur un bout de papier que Fatima m’a laissé hier… Comme elle avait des problèmes de couvertures réseau avec son cellulaire et elle venue à Coroico ! Mais plus de deux heures après mon arrivée, j’avais déjà pris une autre direction. Que voulez-vous ? C’était pas du pour arriver, comme on dit ! Et là je suis trop fatiguée pour entreprendre le voyage à Trinidad Pampa. Je suis trempée, j’ai froid aux pieds et j’ai terriblement mal au genou. Heureusement que ma copine Gerda est là, ça me change les idées.

La route du retour est longue. Surtout au départ, le chemin (la trail devrais-je dire) pour se rendre à l’autoroute est très étroit et défait par la pluie. On doit continuellement, reculer ou se tasser sur le côté pour laisser passer les véhicules qui viennent à contresens. On finit par arriver à l’autoroute …en construction. Dur, dur de voyager parfois.

À La Paz, il fait froid. Mes pieds sont toujours mouillés. À l’hôtel je fais mettre mes vêtements dans la sécheuse et je me tape une douche chaude d’une demi-heure. Je ne mettrai pas longtemps à m’endormir.

Jeudi matin, bye-bye à ma copine Gerda. J’ai des courses à faire à ici et je veux rencontrer un luthier que j’avais contacter de Cochabamba.

Je me suis trouvé une canne pour m’aider à marcher dans les rues toujours en pente de La Paz. J’ai passé l’après-midi au lit avec un début de rhume. J’ai pris le bus pour Cochabamba à 11hpm et contrairement à l’habitude le chauffeur n’a pas mis le chauffage (alors j’ai gelé toute la nuit). Je fais un peu fièvre. Ouf, contente d’arriver. Le climat est plus chaud et mon apart comfo.

Un peu de repos est le bienvenu.

mardi 16 mars 2010

TURISMO EN BOLIVIA

Alors voilà, je suis partie dimanche soir le 7 mars. J’ai pris un autobus à partir du terminal de Cochabamba vers 20h. Dix heures de route pour se rendre à Potosi. Quelqu’un me demandait pourquoi c’était si long. Était-ce parce que les routes sont mauvaises ou parce que c’était loin ? Réponse : LES DEUX !

Le transport en autobus est généralement assez éprouvant. Ça manque de confort et surtout d’air. Surtout pour les trajets de nuits, les gens ont peur d’ouvrir leur fenêtre, le chauffeur met le chauffage, ça devient vite sec et étouffant, sans parler des odeurs… Les Boliviens ont très peur d’avoir froid. Ils s’habillent jusqu’au cou en plein soleil (pour s’en protéger sans doute) et ont une grande peur des courants d’airs. Finalement, ils me font penser à ma vieille grand-mère avec leurs habitudes, ils ont sans doute historiquement souffert du froid longtemps. Enfin bref, le voyage en autobus est déjà une étape à franchir.

J’arrive à Potosi au petit matin. Le nom de Potosi vient du quechua et signifie ‘tonnerre’. La ville est située à 4090 mètres d’altitude (env. 13,000 pieds) et compte près de 200,000 habitants. Potosi est dominée par le ‘Cerro Rico’ (montagne riche) d’où on y extrait particulièrement du minerai d’argent depuis des siècles avant même que les Espagnols s’y installent en 1545 et exploitent les mines par le travail forcé des autochtones Incas. La région s’est vite développée. Il y a à peine un peu plus d’un siècle, Potosi était une des villes les plus peuplées d’Amérique Latine pour vous dire plus peuplée que Londres et Paris ensemble à l’époque.

À la fin de la domination espagnole environ 45.000 tonnes d'argent ont été extraites. On estime que 8 millions d’autochtones et esclaves africains sont morts dans la montagne d’accidents et de maladies liées aux conditions de travail.

À ce qu’on dit, encore aujourd’hui les gens continuent à y travailler dans des conditions difficiles qui sont à peine différentes de l'époque coloniale. Plusieurs souffrent de la silicose et meurent à un âge précoce. Beaucoup de ces travailleurs sont des enfants et des adolescents qui sont contraints à soutenir leurs familles. Le nouveau gouvernement d’Evo Morales travaille à l’élimination du travail des enfants, mais pauvreté oblige, on est loin de l’éradication.

Mon premier objectif est donc de visiter ses fameuses mines. Je me dépêche de réserver ma place auprès d’une des nombreuses agences touristiques. On part à 9h et premier arrêt en bordure de la ville aux comptoirs commerciaux qui vendent les produits nécessaires aux mineurs. On nous fait acheter un sac pour env. 10bs avec des feuilles de coca, un 2 litres de liqueurs, des cigarettes, de l’alcool 96%, de la dynamite… le kit du parfait mineur quoi. Et oui, il y a encore des gens qui travaillent dans les mines qui appartiennent maintenant au gouvernement. Les mineurs sont regroupés en coopératives et travaillent à leurs comptes. Il n’y a plus de grandes compagnies qui exploitent le minerai comme le zinc et l’étain parce que de l’argent on en voit rarement…

Les tunnels de la mine sont étroits et bas. Après quelques centaines de mètres de progression la chaleur s’intensifie, l’air se raréfie et est lourde de poussière. Il y a des tuyaux qui longent le plafond pour apporter un peu d’air et les fils électriques pour les rares ampoules. Au sol, on s’enfarge sur les rails qui permettent aux mineurs de pousser leurs lourds chariots remplis de roches. Heureusement qu’on nous a donné un déguisement de mineurs avec bottes de caoutchouc car souvent il y a plusieurs centimètres d’eau.

Plus on avance, plus les tunnels rétrécissent. Après dix minutes de marche notre groupe, constitué de six femmes et d’un homme, doit s’arrêter. Le jeune homme est après nous faire une crise d’asthme et de claustrophobie. Le guide nous laisse donc dans la mine pour rebrousser chemin avec le pauvre ti-pit. J’apprécie la pause, je me trouve une pierre pour m’assoir et m’allumer une cigarette…peine perdu, mon briquet refuse de s’allumer, pas assez d’oxygène. Bon, reste plus qu’à jaser avec mes compagnes, des jeunes femmes dynamiques et agréables; deux sont des Pays Basques, deux d’Argentine et une d’Angleterre.

Le guide est de retour et nous marchons vers ‘El Tio’; personnage mythique déifié de la mine, son origine ne fait pas l’unanimité chez les historiens. C’est le dieu protecteur à qui on offrande feuilles de coca, cigarettes et alcool. Tout est fait en double(comme le Ying et le Yang), le guide explique qu’il faut lui donner deux cigarettes, lui donner deux fois des feuilles de coca et l’asperger d’alcool 96% deux fois aussi. On doit aussi boire deux gorgées d’alcool durant la cérémonie, mais il ne faut que s’y tremper les lèvres, une des Basques a toussée durant dix minutes…

On continue de s’enfoncer dans la mine à la recherche de mineurs. Certaines parois sont d’un rouge flamboyant; de l’arsenic solidifié, dit le guide. Il fait chaud et je pompe l’air enfin on s’arrête dans une grotte travaillée. Un mineur avec la joue pleine de coca nous raconte l’histoire de ses journées. Ils utilisent de la dynamite pour faire le début de l’ouvrage et parfois le marteau-piqueur, mais le reste est fait au pic et à la pelle. Je trouve ça presque qu’inhumain. Sans coca et alcool, les travailleurs ne pourraient pas y passer de 8 à 12 heures par jour à s’activer sans relâche.

L’atmosphère est spéciale, certains passages des tunnels les plus anciens sont les plus entretenus, fait de belles pierres grises taillées et disposées en arche. Ça fait drôle de marcher au centre d’une montagne. La randonnée dure près de trois heures. J’en ressors éblouie et pas juste parce que le soleil est fort à la sortie.

Ce qui me frappe, c’est que nous avons vu peu de mineurs, pas d’enfants et pas de sécurité. Après en avoir discuté avec un autre touriste, je me demande si toute cette visite organisée n’est pas qu’une facétie. Qu’est-ce qu’on cache ? La mine n’a plus de ressources ou presque, les mineurs en vivent-ils encore vraiment ? Ou à l’inverse, il existerait un autre secteur de la mine qu’on ne nous présente pas pour éviter la mauvaise publicité sur la Bolivie ? Ça reste étrange à mon sens… Quelques part, ça me fait penser au Village Huron de St-Stanislas de Koska…

Bon, je retourne à mon rôle de touriste, je vais aller prendre plein de photos de la ville de Potosi.

Uyuni
 
Tant qu’à être rendue ici, je décide de pousser encore plus loin et de me rendre à Uyuni, au Salar. Le plus grand désert de sel au monde, douze mille kilomètres carrés à près de quatre mille mètres d’altitude. Il représente également le tiers des réserves de lithium au monde. Sa formation remonte à 40 000 ans où l'étendue d'eau salée était un lac préhistorique géant. Il s’est asséché et à laisser deux petits lacs et deux déserts de sel dont le plus grand, le Salar d’Uyuni.

Mais avant d’arriver là, je me tape six autres heures d’autobus de Potosi à Uyuni. Un vieil autobus inconfortable, heureusement j’ai le côté fenêtre, la vue est imprenable, c’est magnifique. Durant le voyage la moitié du pare-brise de l’autobus tombe… pas grave. À l’arrêt ‘snack/pipi’ ils recouvrent le tout d’un grand plastique presque transparent…

Arrivée en fin d’après-midi à Uyuni, petite ville ou on recensait environs 12,000 habitants en 2009 mais qui grandit à vue d’œil. On est à y construire un aéroport international et quatre nouveaux grands hôtels qui devraient ouvrir d’ici un an. Je me rends à mon petit hôtel déjà réservé et je me repose pour la randonnée du lendemain.

10h du matin jeudi le 11 mars. J’attends sur le trottoir avec mes trois compagnes et compagnons japonais. Un beau 4X4 Toyota arrive, j’explique rapidement à mes petits copains que vu ma grandeur je vais m’assoir devant avec le chauffeur, Johnny, prénom que je soupçonne ne pas être celui de sa naissance vu sa bouille très andine.

Le paysage hors de la ville est désertique. Premier arrêt : Cimetière de train, bon ça m’intéresse plus ou moins, un paquet de vieux wagons-vapeurs abandonnés dans le désert…

Deuxième arrêt : Colchani ; population de peut-être 125 personnes, environs 150 chiens et plus de 400 porcs, pas de système d’égouts, pas de services et une école. Une dizaine de kiosques d’artisanat où la plupart des gugusses viennent du Pérou. J’y achète quand même un petit sac de sel local.

Enfin, on repart. Wow ! Que dire, l’expérience est magique. Je ne sais pas si les photos vont rendre un peu mais tout y est magique ; l’air, le sol, le ciel, les montagnes environnantes. C’est un peu comme dans le grand-nord, faut mettre des lunettes soleil si on ne veut pas se brûler la rétine. L’air est frais mais le soleil brûlant, du blanc blanc au miroir tout ébloui. Johnny me raconte la légende du Salar. En résumé, le jeune général Cuzco (nom de la montagne fabuleuse au nord-ouest) est tombé en amour avec la belle de l’autre montagne à côté (je me rappelle plus du nom, désolée). Mais la lune de miel a pas duré et le général est allé rejoindre la belle de l’autre montagne de l’autre bord...(désolé) et la première qui avait encore un jeune enfant au sein a tellement pleuré que ses larmes et son lait se sont mêlés pour former le Salar.

Le plus drôle, c’est que mes japonais ne parlent pas espagnol et à peine anglais. Le guide lui ne parle pas japonais (obviously) et pas vraiment anglais. Devinez qui faisait la traduction des commentaires de Johnny ? En tout cas, les Japonais étaient très heureux de ma traduction et malgré ça Johnny ne m’a pas donné de réductions. Qu’est-ce que tu veux, je suis fine de même…

On a pris ‘l’almuerzo’ à l’hôtel Playo Blanco, étrange petite construction fait de blocs de sel dont même l’ameublement est fait de sel. Le personnel est bête comme ses deux pieds et la bécosse est brisée… Quand même notre guide nous fait une belle table et le repas est agréable.

Je suis revenue dans un état de calme, de fatigue et de bien-être extrême tout à la fois. Il flotte dans le Salar une énergie grandiose que jamais je n’oublierai.

Je passe une seconde nuit à Uyuni pour reprendre le bus vers Potosi à 10h30am le vendredi. J’arrive à Potosi vers 17h. Je prends un billet pour le bus de Potosi vers Cochabamba qui part à 20h30. Le meilleur ‘bus-cama’ à date ! Un gros autobus de luxe deux étages avec des bancs qui se transforment vraiment en espèce de lit. Bon, il faisait quand même encore trop chaud, mais j’ai pu dormir plusieurs heures. Arrivée à Cochabamba à six heures du mat, je me dépêche de rentrer à l’apart prendre une douche et repartir m’acheter un chandail et un petit cadeau pour le mariage de Marja à midi. Mais c’est une autre histoire…

samedi 6 mars 2010

Le 8 mars

FEMENICIDO


La violence contre les femmes est un mécanisme politique du système patriarcal, utilisé par les hommes pour s’approprier le corps des femmes et garder celles-ci dans l’inégalité, l’exclusion, leur refusant l’accès aux biens, aux installations et opportunités. Ce qui contribue à dévaluer, dénigrer et intimider les femmes… Le patriarcat, la domination et le contrôle du corps des femmes conduit à l’extrême violence et se solde par la mort de femmes pour le simple fait d’être femmes.

(Extrait de Boletina Feminista Centro de Información y Desarrollo de la Mujer –CIDEM Segunda Época Año 2, No. 7 Noviembre, 2009 La Paz – Bolivia)



Statistiques alarmantes signalées dans : Los Tiempos, Cochabamba, 5 mars 2010)

On rapporte 98 assassinats de boliviennes. ‘’Denuncian el asesinato de 98 bolivianas en 2009 por violencia machista’’.

La Defensoría del Pueblo, el Observatorio Manuela y el Centro de Información y Desarrollo de la Mujer (CIDEM) ont signalé qu'en 2009, 143 jeunes filles et femmes ont été tuées, dont 98 sont des cas de meurtres de femmes , ‘femenicido’.

Les organisations de défense des droits des femmes appellent notamment au ‘femenicide’ et demandent à l’Assemblée Législative, dominée par le parti MAS du président Evo Morales, de discuter des réformes du Code Pénal pour y incorporer le meurtre de femmes et d’y alourdir les peines jusqu’à 30 ans d’incarcération. Selon, Observatorio Manuela, la plupart des ‘femenicides’ restent impunis parce que les défendeurs ont bénéficiés des alternatives à la prison ou ont fui la justice.

Les organisations de droits humains seront mobilisées lundi à La Paz, qui coïncide avec la Journée internationale des femmes, pour exiger les réformes au code pénal pour punir avec une peine de 30 ans sans avoir le droit de pardonner aux auteurs de meurtres.
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Le 8 mars : Journée Internationale des Femmes.


Revendications québécoises de la Marche Mondiale des Femmes :

Québec


Accès égalitaire à l'Emploi
L'application par le gouvernement de moyens concrets favorisant un réel accès des femmes des communautés ethniques et culturelles, des minorités visibles, des femmes autochtones et des femmes handicapées au marché du travail;

Campagnes d'information et de sensibilisation
Une grande campagne d'éducation et de sensibilisation sur 10 ans, réalisée par les groupes féministes et financée par l'État, pour éliminer la violence faite aux femmes.

Citoyenneté/Papiers/Nationalité/Droits fondamentaux
L'accès universel pour les Néo-Québécoises à des cours de français accompagnés d'allocations décentes et l'accès à des services de garde, sans aucune exclusion basée sur le statut d'immigration ou sur les années de résidence au Québec;La réduction du temps de parrainage de 10 à 3 ans pour toutes les femmes immigrantes, sans aucune augmentation des exigences imposées au parrain;

Conditions de Travail
Un amendement aux normes du travail afin d'accorder les memes droits et conditions à toute personne salariée, quel que soit son statut d'emploi (temps plein, temps partiel, occasionnel, sur appel, etc.)

Éducation/Formation
Un meilleur accès aux études pour toutes les femmes et particulièrement pour les responsables de famille monoparentale et les femmes "sans chèque";L'accès universel pour les Néo-Québécoises à des cours de français accompagnés d'allocations décentes et l'accès à des services de garde, sans aucune exclusion basée sur le statut d'immigration ou sur les années de résidence au Québec;

Emplois Précaires/flexibles/atypiques/Salaire minimum /
Un amendement aux normes du travail afin d'accorder les mêmes droits et conditions à toute personne salariée, quelque soit son statut d'emploi (temps plein, temps partiel, occasionnel, sur appel, etc.)

L'augmentation du salaire minimum pour permettre à une personne travaillant 40 heures par semaine d'avoir un salaire annuel se situant au-dessus du seuil de faible revenu établi pour une personne seule;

Législations
La révision de l'ensemble des lois ayant trait à la violence faite aux femmes et de la mise en application de ces lois afin d'assurer aux femmes le respect de leur droit à l'égalité, la sécurité, la dignité et la protection de leur vie privée;

Logement
Un barème plancher à l'aide sociale en dessous duquel aucune ponction, coupure, saisie ou pénalité ne puisse être faite. Le montant du plancher doit être établi de façon à couvrir les besoins essentiels (au minimum: logement,chauffage, électricité, nourriture, médicaments, habillement);

La mise sur pied d'un grand chantier de logement social, soit 8 000 habitations à loyer modique (HLM), coopératives et organismes sans but lucratif (OSBL) d'habitation par année;

Orientation sexuelle
L'élimination de la discrimination à l'égard des lesbiennes dans les lois, règlements, politiques et services;

Politiques sociales contre la pauvreté/Aides sociales/Salaire social minimum
Un barème plancher à l'aide sociale en dessous duquel aucune ponction, coupure, saisie ou pénalité ne puisse être faite. Le montant du plancher doit être établi de façon à couvrir les besoins essentiels (au minimum: logement,chauffage, électricité, nourriture, médicaments, habillement);

L'accès universel pour les Néo-Québécoises à des cours de français accompagnés d'allocations décentes et l'accès à des services de garde, sans aucune exclusion basée sur le statut d'immigration ou sur les années de résidence au Québec;

L'adoption d'une loi-cadre visant l'élimination de la pauvreté. L'imposition fiscale progressive des entreprises et des individu-e-s en tenant compte des principes de justice, d'équité et de redistribution de la richesse;

Un régime universel d'allocations familiales et une allocation supplémentaire pour les familles pauvres en fonction des besoins réels des enfants;

Programmes d'Action nationaux contre les violences
L'accès, gratuit et sans délai, pour toutes les femmes victimes de violence, à des ressources offrant de l'aide et des activités de prévention, de sensibilisation et de défense des droits;
La révision de l'ensemble des lois ayant trait à la violence faite aux femmes et de la mise en application de ces lois afin d'assurer aux femmes le respect de leur droit à l'égalité, la sécurité, la dignité et la protection de leur vie privée;

Prostitution
L'élimination de la discrimination et de la violence à l'égard des travailleuses du sexe, notamment dans leurs rapports aux services sociaux, judiciares, policiers et de santé;

Reconnaissance/Financement et soutien matériel ou autre aux groupes
Un meilleur soutien financier des maisons d'hébergement en milieu autochtone pour les femmes victimes de violence;
L'accès à un financement de fonctionnement pour les groupes de femmes des communautés culturelles et desmi norités visibles afin de répondre à leurs besoins et de favoriser leur participation à la société québécoise;

Ressources naturelles, économiques, techniques et culturelles
 
Un barème plancher à l'aide sociale en dessous duquel aucune ponction, coupure, saisie ou pénalité ne puisse être faite. Le montant du plancher doit être établi de façon à couvrir les besoins essentiels (au minimum: logement,chauffage, électricité, nourriture, médicaments, habillement);

Santé
Un barème plancher à l'aide sociale en dessous duquel aucune ponction, coupure, saisie ou pénalité ne puisse être faite. Le montant du plancher doit être établi de façon à couvrir les besoins essentiels (au minimum: logement,chauffage, électricité, nourriture, médicaments, habillement);

Sécurité du revenu tout au long de la vie
Une contribution gouvernementale au Régime des rentes du Québec pour les femmes afin de reconnaître leur travail auprès de leurs enfants;

Travail Domestique/non reconnu/non rémunéré
La protection des gardiennes et des aides familiales ("domestiques" dans la loi) par toutes les lois du travail et l'enregistrement obligatoire de l'employeur;
Une contribution gouvernementale au Régime des rentes du Québec pour les femmes afin de reconnaître leur travail auprès de leurs enfants.