Le matin je me lève à 5h30 avec ou sans cadran, ça donne le même résultat. Certaines habitudes ne changent pas, je prends mon petit jus pendant que l’eau boue pour mon café. Quand le café est prêt, je sors sur ma petite galerie et le déguste avec une bonne cigarette. Ben non, j’ai pas réussi à arrêter… J’apprécie ce moment de tranquillité avant que ma gang de ‘chicas’ se mettent piailler, ce qui ne tarde pas. Les filles se lèvent à 6h. Moi je retourne à ma chambre, je m’habille. (Ah oui, je ne prends plus ma douche le matin, j’ai compris de quoi il en retournait. Ici l’eau qui circule dans les tuyaux, c’est l’eau de pluie qui est collectée dans de grands contenants divers sur le toit. Alors, c’est vers 16h que l’eau est la plus chaude parce que réchauffée toute la journée, les jours ensoleillés bien sur. Comme elle est déjà réchauffée lorsqu’elle passe au travers de mon bidule électrique réchauffant, elle devient encore plus chaude ! `À la suggestion de Louis et Claudette Bédard, je mets le débit plus faible et l’eau a encore plus de chance de se réchauffer avant de me tomber dessus. C’est super ! Je prend des douches chaudes !!!) Mon Dieu, quelle longue parenthèse.
Après m’être habillée, j’étudie mon espagnol jusqu’à 7h30. Ensuite, je déjeune dans l’apart avec la Sœur Mary qui arrive à ce moment. Puis, je retourne à ma chambre pour ma petite période de méditation.
Là c’est là que le fun commence ! Je descend dans la cour avec les filles et on attend les autres volontaires qui arrivent entre 8h30 et 9h. Les petites filles viennent me coller, me posent plein de questions, je baragouine en espagnol et je me découvre des talents de mimes. Ça fait rire les petites, mais je viens à bout de me faire comprendre. À 9h on monte en classe, j’assiste une bolivienne très gentille du nom de Fatima. Elle comprend un peu l’anglais et on s’amuse à s’échanger les expressions anglophones et hispanophone. Aujourd’hui, la classe est divisée; une partie qui va aller se faire faire un traitement anti-poux (et oui ici c’est une plaie) et l’autre qui va s’amuser avec des casse-têtes. Bonus, j’ai réparé l’ordi de la classe, donc elles ont chacune 15 minutes sur l’ordi. Il y a des jeux éducatifs en espagnols qui sont déjà installés. Je leur prête mes écouteurs pour ne pas déranger les autres par les exclamations des logiciels. Elles sont très contentes, je suis monté en grade. Une des petites filles s’appellent Raquel (prononcé Rakouel), elle a un problème d’apprentissage et ne cesse de bouger chez-nous on la bourrerait de Ritalin. Bébé, elle a été longuement hospitalisé pour malnutrition sévère. On arrive pas à lui faire apprendre l’alphabet, encore moins à lire. Mais elle sait très bien compter et elle a une facilité étonnante face à tout les gadgets électroniques, lecteur DVD, Radio CD et ordinateur. Elle m’a regardé allé quelques minutes et vlan la voilà lancée, elle donne même des ‘hints’ aux autres. Elle est très attachante.
À midi la classe se vide, c’est l’heure du dîner, pause jusqu’à 14h. Pour moi c’est une heure de sieste, la chaleur est souvent intense et comme tout le monde est à El comedor (le réfectoire) tout est tranquille et je me repose bien. À 13 h, je vais rejoindre Carmen, la cuisinière, une belle grosse bolivienne typique (ceci dit sans sarcasme). On mange ensemble sur le bout d’une table. Et la classe reprend jusqu’à 17h. C’est l’heure de ma douche !! Yé !
Ma sœur Carole me demandait qu’est-ce qui les faisait avancer, quels objectifs ils avaient. Bien je te répondrais Carole que c’est comme chez-nous. La plupart sont en état de survie et d’automatisme. Sauf qu’ici la plupart n’ont à peu près pas d’éducation et très peu d’avoir. Mais le monde en dedans sont pareil. Tu vois, par exemple, ici comme chez-nous, c’est très difficile de faire comprendre les notions de partages aux petits enfants autant qu’aux grands. Pourquoi ? Ici on pourrait expliquer cela en disant qu’ils ont été tellement privés que lorsque qu’ils ont pour eux quelques choses de moindrement de valeur, ils veulent le garder précieusement. Pourtant, chez-nous les gens partagent pas plus pourtant c’est l’abondance pour la plupart même chez les moins nantis par rapport à ici
Le soir, parfois je sors pour aller au comptoir Internet, mais je ne rentre jamais tard. La nuit c'est pas 'safe' dans le coin. Sinon je reste à l'apart, j'étudie ou j'écoute un film sur mon ordi ou j'achète un DVD pirate dans un kiosque au coin d'une rue tout près. Ils ont plein de film pour 5 bs (75 cennnes). Parfois je vais manger une soupe dans le réfectoire avec les enfants. Ça dépend de mon état de fatigue et de mon appétit.
Je me couche toujours tôt. Je joins quelques photos !










