dimanche 22 novembre 2009

Une tranche de vie

Cochabamba, 22 novembre 2009


Le matin je me lève à 5h30 avec ou sans cadran, ça donne le même résultat. Certaines habitudes ne changent pas, je prends mon petit jus pendant que l’eau boue pour mon café. Quand le café est prêt, je sors sur ma petite galerie et le déguste avec une bonne cigarette. Ben non, j’ai pas réussi à arrêter… J’apprécie ce moment de tranquillité avant que ma gang de ‘chicas’ se mettent piailler, ce qui ne tarde pas. Les filles se lèvent à 6h. Moi je retourne à ma chambre, je m’habille. (Ah oui, je ne prends plus ma douche le matin, j’ai compris de quoi il en retournait. Ici l’eau qui circule dans les tuyaux, c’est l’eau de pluie qui est collectée dans de grands contenants divers sur le toit. Alors, c’est vers 16h que l’eau est la plus chaude parce que réchauffée toute la journée, les jours ensoleillés bien sur. Comme elle est déjà réchauffée lorsqu’elle passe au travers de mon bidule électrique réchauffant, elle devient encore plus chaude ! `À la suggestion de Louis et Claudette Bédard, je mets le débit plus faible et l’eau a encore plus de chance de se réchauffer avant de me tomber dessus. C’est super ! Je prend des douches chaudes !!!) Mon Dieu, quelle longue parenthèse.


Après m’être habillée, j’étudie mon espagnol jusqu’à 7h30. Ensuite, je déjeune dans l’apart avec la Sœur Mary qui arrive à ce moment. Puis, je retourne à ma chambre pour ma petite période de méditation.

Là c’est là que le fun commence ! Je descend dans la cour avec les filles et on attend les autres volontaires qui arrivent entre 8h30 et 9h. Les petites filles viennent me coller, me posent plein de questions, je baragouine en espagnol et je me découvre des talents de mimes. Ça fait rire les petites, mais je viens à bout de me faire comprendre. À 9h on monte en classe, j’assiste une bolivienne très gentille du nom de Fatima. Elle comprend un peu l’anglais et on s’amuse à s’échanger les expressions anglophones et hispanophone. Aujourd’hui, la classe est divisée; une partie qui va aller se faire faire un traitement anti-poux (et oui ici c’est une plaie) et l’autre qui va s’amuser avec des casse-têtes. Bonus, j’ai réparé l’ordi de la classe, donc elles ont chacune 15 minutes sur l’ordi. Il y a des jeux éducatifs en espagnols qui sont déjà installés. Je leur prête mes écouteurs pour ne pas déranger les autres par les exclamations des logiciels. Elles sont très contentes, je suis monté en grade. Une des petites filles s’appellent Raquel (prononcé Rakouel), elle a un problème d’apprentissage et ne cesse de bouger chez-nous on la bourrerait de Ritalin. Bébé, elle a été longuement hospitalisé pour malnutrition sévère. On arrive pas à lui faire apprendre l’alphabet, encore moins à lire. Mais elle sait très bien compter et elle a une facilité étonnante face à tout les gadgets électroniques, lecteur DVD, Radio CD et ordinateur. Elle m’a regardé allé quelques minutes et vlan la voilà lancée, elle donne même des ‘hints’ aux autres. Elle est très attachante.


À midi la classe se vide, c’est l’heure du dîner, pause jusqu’à 14h. Pour moi c’est une heure de sieste, la chaleur est souvent intense et comme tout le monde est à El comedor (le réfectoire) tout est tranquille et je me repose bien. À 13 h, je vais rejoindre Carmen, la cuisinière, une belle grosse bolivienne typique (ceci dit sans sarcasme). On mange ensemble sur le bout d’une table. Et la classe reprend jusqu’à 17h. C’est l’heure de ma douche !! Yé !

Ma sœur Carole me demandait qu’est-ce qui les faisait avancer, quels objectifs ils avaient. Bien je te répondrais Carole que c’est comme chez-nous. La plupart sont en état de survie et d’automatisme. Sauf qu’ici la plupart n’ont à peu près pas d’éducation et très peu d’avoir. Mais le monde en dedans sont pareil. Tu vois, par exemple, ici comme chez-nous, c’est très difficile de faire comprendre les notions de partages aux petits enfants autant qu’aux grands. Pourquoi ? Ici on pourrait expliquer cela en disant qu’ils ont été tellement privés que lorsque qu’ils ont pour eux quelques choses de moindrement de valeur, ils veulent le garder précieusement. Pourtant, chez-nous les gens partagent pas plus pourtant c’est l’abondance pour la plupart même chez les moins nantis par rapport à ici

Le soir, parfois je sors pour aller au comptoir Internet, mais je ne rentre jamais tard. La nuit c'est pas 'safe' dans le coin.  Sinon je reste à l'apart, j'étudie ou j'écoute un film sur mon ordi ou j'achète un DVD pirate dans un kiosque au coin d'une rue tout près.  Ils ont plein de film pour 5 bs (75 cennnes). Parfois je vais manger une soupe dans le réfectoire avec les enfants. Ça dépend de mon état de fatigue et de mon appétit.

Je me couche  toujours tôt. Je joins quelques photos !


mercredi 18 novembre 2009

Cochabamba, 17 novembre 2009

On rentre dans la vraie vie !

Bon l’émerveillement de l’arrivée commence à passer. On m’a assigné mes premières tâches. Je suis assistante à une des classes des pré-ados; 8 fillettes de 10 à 13 ans. Normalement, il y en a 3 d’entre-elles qui vont à l’école mais l’année scolaire vient de se terminer et les vacances d’été arrivent. Les autres n’y sont jamais allé ou presque pas. Mais il faut occuper leur temps. Donc, classe académique le matin de 9h à 12h et classe travaux pratiques ( art, chant, danse, tricot, théâtre et bientôt informatique) l’après-midi de 14h à 17h. Quelques unes ont des problèmes d’apprentissages. Elles sont de vraies pré ados sauf qu’en plus elles ont pour la plupart été victime d’abus, d’abandon et de violence physique et psychologique. Un vrai party…

Tâche numéro 2 : Réparer l’ordinateur de la classe. (Je l’ai juste vu de loin et ça pas l’air fort).

Tâche numéro 3 : Faire l’inspection des lits des pré ados (une vingtaine de lits). C’est fou ce qu’elles peuvent cacher sous une paire de draps…

À part ça tout va bien, sauf le vas vite qui m’a rattrapé des que les gaz se sont échappés… J’irai pas plus loin sur le sujet. Ici le système d’eau chaude est très particulier. Ya pas de réservoir d’eau chaude, sur la pomme de douche, y a un bidule électrique qui chauffe l’eau à mesure. Je peux vous affirmer que c’est pas très chaud et que j’ai appris à prendre ma douche le matin seulement, au moins ça a l’avantage de réveiller. C’est là que j’aimerais avoir mon Louis dans les parages, je suis certaine qu’il figurerait un moyen de ‘ booster’ ça !

Mon petit coin cuisine est très propre et pratique, mais ça a l’air qu’ici les ‘cucarachas’ font parti de la famille. J’en ai tué cinq tantôt, moi qui capotait pour quelques fourmis dans ma cuisine à Chatham… Mais, j’ai trouvé un truc pour pas virer sur le top, j’ouvre la grosse lumière avant de rentrer, je compte jusqu’à 10 et je leur dit : ‘Prête pas prête j’y vas !’

Mais voyez-vous, juste comme je commençais à penser à me plaindre, une autre volontaire américaine qui reste dans un autre centre est venu visiter mon apart et n’en revenais pas comme j’étais bien logée, elle a même fait sentir sa jalousie, ahahah.

Alors, je peux vous dire que je suis bien et que je savoure chaque instants qui passent. Et les ‘cucarachas’ c’est pas si pire, ça fait quelqu’un à parler le soir ! Hasta luego !

dimanche 15 novembre 2009

Cochabamba, 14 novembre 2009, 6h15 am

Me voici installée à Madre de Dios. J’ai mon apart à moi toute seule. Bon les jours de semaines les sœurs utilisent les lieux mais elles sont tellement gentilles et discrètes. J’ai une belle petite chambre, lit simple, pupitre et une belle grosse armoire à clé. De ma fenêtre qui donne sur la cour arrière où se trouve les douches, les cuves de lavages, le parc et la garderie, j’entends les enfants qui jouent.


Hier, Tom, le coordonateur de Amanecer, m’a fait faire le tour de la ville à pied et en autobus. Il m’a tout expliqué pour que je devienne une vraie Cochabambina ! La ville bourdonne d’activité. Les voitures, les gens, les étudiants qui militent pour Evo, les policiers et les soldats partout. Les petits marchés sur le trottoir par centaines. Ici la ville est plus fleurie qu’à La Paz. On me dit que comme la saison des pluies commence, tout deviendra vert autour sur les montagnes qui entourent la ville. Il y a de beaux parcs; Plaza Principal, Plaza Colon, et d’autres que je n’ai pas vu encore.

La ville est divisée par une rivière qui est à sec maintenant mais qui deviendra grosse d’ici quelques semaines; au nord, la partie plus riche, au sud la plus pauvre. J’habite dans la partie sud, à quelques pas de La Cancha, le plus grand marché de l’Amérique Latine, il fait plusieurs kilomètres. Je pense aller m’y promener aujourd’hui. Juste à côté de Madre de Dios, il y a le local du parti de Evo; toujours beaucoup d’activités, de chants, de litanies scandées par les voix des hommes. Juste après, en marchant vers le coin, il y a toujours quelques vieilles prostituées. En tournant le coin et en remontant vers le nord, se sont des prostituées plus jeunes. Tout se mêle dans une espèce de tourbillon; les prostituées, les enfants sales, les marchandes en habit traditionnel, les business man en habit cravates, les soldats, les étudiants modernes, ça se promènent, se croisent sur les trottoirs étroits, traversent les rues au milieu des voitures, des taxis et des autobus colorés avec le bruit des klaxons toujours et l’odeur des échappements. C’est comme un cirque, parfois je reste debout sur un coin de rue de longues minutes et regardent tout ça comme un film en IMAX.

À Madre de Dios, je partage mes repas avec les enfants. Ici, elles les appellent des femmes à partir de 16 ans. Pour moi, se sont toutes des enfants, à part quelques jeunes femmes plus matures (5 ou 6), elles ont toutes moins de 16 ans. Il y en a une de 13 ans enceinte de près de six mois. Le premier repas, mardi soir, je me suis assise à la table des touts petits. Nous avions une soupe au bœuf et légumes. Pour me faire plaisirs on a mis un gros nonoss de bœuf dans mon assiette. J’y ai grugé le peu de viande qu’il y avait et je l’ai laissé dans mon assiette. Dès que j’eu repoussé mon assiette une petite fille d’environs 4 ans l’a immédiatement saisi et quelques minutes plus tard, il n’y restait que le nonoss blanc, blanc pus de gras, pus de tiraille… Un autre petit garçon de 3 ans a liché son assiette et a ensuite entrepris les assiettes des autres ou pourtant il ne restait plus rien. J’ai eu une pensée pour tout nos enfants à nous qu’on encourage à finir leur assiette et qui sont si difficiles. Franchement, je ne sais pas tout ce qu’il y avait dans mon bol, et probablement ni les enfants pourtant ils ont tout mangé avec un morceau de pain pas de beurre ni rien. Ils sont joyeux et affectueux, parfois trop, à mon goût à moi.


On ne se presse pas pour m’assigner une tâche. Je me promène et vois ce que je peux faire. À la maison Nazareth (la maison des garçons) que j’ai visité hier, j’ai fait du pain avec la cuisinière et les enfants. Je trouve que la maison Nazareth est un peu mieux organisé. Il y a moins de chialage qu’à Madre de Dios et ils ont un atelier de couture, une piscine, un jardin et un four à pain. Enfin, c’est juste mon point de vue.

Il fait chaud !!! Jour et nuit !!!! La nuit ça se tient entre 18 et 22 et le jour 24 et 30… J’ai caché mes bas de laines.

Lundi, je devrais recevoir plus d’informations sur les tâches que j’aurai à accomplir.

La première étape est franchie.


Me voilà en Bolivie, à La Paz, à l’hôtel España, sur la Avenida 6 de Agosto, chambre 302, bien assise dans mon lit, le portable sur mes genoux et un mal de tête carabiné.


L’altitude m’affecte pas mal. Je deviens vite essoufflée et mon cœur bat la chamade à tout instant. Mais je suis émerveillée par ce décor montagneux. La ville a grugé la montagne et les vallées. Des habitations faites de petites briques orange et de briques de terre s’étalent partout en escalier Des murets de pierres précaires retiennent, les rues et les édifices. C’est époustouflant

Je me suis promenée dans les rues toujours en côtes montantes ou descendantes. Beaucoup de gens et beaucoup de voitures qui circulent dans un désordre discipliné avec des coups de klaxons qui fusent de toute part. Je me suis arrêté dans une rôtisserie, une gentille dame m’a servi un quart de poulet accompagné de salade de choux et de pâtes cuites au bouillon de poulet. J’avais faim, c’était bon. J’ai bu un thé de coca et pomme. Vraiment excellent, faudra que j’en retrouve. Quand je ressors, j’apprécie le confort de la température (18-20) qui contraste avec la chaleur de la rôtisserie. Mais je cherche mon air, ça sent le gaz des pots d’échappement des milliers de voitures essayant de se frayer un chemin dans les rues étroites. Pas de stop aux coins des rues, parfois un feu de circulation, faut apprendre à traverser sans se faire frapper.


J’ai acheté des beignets sur la rue, il a plein de madames en habit traditionnel chapeau haut et rond qui vendent de tout; bonbons, bijoux, noix, beignets, cellulaires, etc. Je me suis trouvé un adapteur pour brancher mon portable pour 8 bolivianos (1.25 $).

Vers 16h le soleil se cache et l’horizon s’assombrit. Je rentre à l’hôtel. Je suis épuisée. J’ai regardé ‘Dirty Dancing’ en espagnol à la télé, puis gros dodo. Aujourd’hui, je prends l’avion pour Cochabamba et je vais rencontrer Tom McNair, coordonateur du projet. Il vient me chercher à l’aéroport. Il m’a dit : `I’m a tall white hair gringo, you can’t miss me !’.

mardi 3 novembre 2009

7 DODOS !!!

Le compte à rebours se fait vraiment entendre. Plus que sept dodos avant mon départ. J’ai fais une liste des dernières choses à faire, j’espère en venir à bout. J’ai reçu encore de nombreux dons. L’objectif est presque atteint. C’est génial. Je suis heureuse de disposer de quelques centaines de dollars pour apporter à la Fundacion Amanecer.
Aujourd’hui, j’ai accordé une entrevue à Mme Anwar du Journal l’Argenteuil/Le Progrès. C’est une femme très gentille qui a manifesté un bel intérêt au projet.

J’ai aussi rencontré la docteur Mme Monica McPhail, je suis contente de l’avoir connue. C’est une médecin efficace, professionnelle et très attachante. Merci Mme McPhail.

Fiston a profité de la semaine pour avoir la grippe. Question j’imagine de se faire bichonner un peu avant mon départ, ahaha. Je vis vraiment des émotions opposées. J’oscille entre la joie et l’excitation du départ et la tristesse de laisser les êtres aimés.
Johanne et Mario, Babeth et Michel gros bisous de remerciements pour avoir souligné mon anniversaire de si belle façon.

Samedi soir, le 7 novembre, Carole Girardeau nous fait un souper ByeBye. Je vais avoir la chance de voir presque tout le monde avant le départ. Merci Carole pour ta délicatesse et ta générosité.

Alors voilà, je retourne à l’étude de l’espagnol. Grâce à ma professeur privée Reynalda, je progresse bien.

Bonne semaine !